Afilog a un nouveau président
Après cinq mandats à la tête d’Afilog, Claude Samson passe le relais à Christophe Ripert, vice-président depuis deux ans. Élu par le Conseil d’Administration le 25 juin dernier, Christophe Ripert devient ainsi le 4e président d’Afilog depuis sa création, il y a tout juste 25 ans. La rédaction de Plateformes Magazine a eu le plaisir de s’entretenir avec les deux, pour parler de l’avenir d’Afilog et de la filière, sur la base de tout ce qui a été construit ces dernières années.
Christophe Ripert, quelles seront les priorités de votre mandat ?
Christophe Ripert : La première est de continuer, collectivement, à améliorer l’image et l’acceptabilité de notre filière. Trop souvent méconnus ou contestés, les bâtiments logistiques sont pourtant au cœur du fonctionnement de notre économie et de notre quotidien. Il nous appartient de mieux les intégrer dans les territoires, de les rendre plus lisibles, plus exemplaires et plus désirables. La deuxième priorité que je me suis fixé concerne les nouvelles générations. Notre responsabilité est en effet de préparer l’avenir en attirant, formant et inspirant les talents de demain. Afilog doit rester un acteur engagé dans la transmission, la pédagogie et la valorisation de nos métiers, en lien avec les écoles, universités et l’ensemble de nos partenaires. Nous devons ainsi prendre en compte l’évolution des métiers et la montée en compétences, travailler sur la qualité de vie au travail, sur la promotion de la parité femmes-hommes dans l’immobilier logistique et industriel.
Je m’appliquerai également à inscrire pleinement Afilog dans les dynamiques de transformation de notre société : infrastructures numériques et développement de l’IA, nouveaux services logistiques, mobilités, transition énergétique… Notre filière est au cœur de ces évolutions et nous devons les anticiper, les accompagner et en faire des leviers de développement. Durant mon mandat de trois ans je souhaite contribuer à faire reconnaître notre secteur comme une infrastructure stratégique de souveraineté pour la France et pour l’Europe. Les plateformes logistiques et industrielles doivent devenir de véritables équipements territoriaux, porteurs d’innovation et créateurs de valeur, d’emplois et d’énergie.
Enfin, dans un monde où les chaînes de valeur se redéfinissent, Afilog doit renforcer son rayonnement européen et international et devenir la voix française de la logistique dans le débat européen.
Claude Samson : Ce que Christophe vient de lister s’inscrit pleinement dans la continuité de ce que l’association a engagé depuis plusieurs années : sur la décarbonation avec la promotion du développement des panneaux photovoltaïques sur les bâtiments, sur les partenariats avec des associations logistiques d’autres pays (Appunle en Espagne, Confindustria Assoimmobiliare en Italie, Abralog au Brésil...), sur l’intégration paysagère avec la publication d’un guide, sur la pédagogie nécessaire pour faire comprendre nos métiers à travers, notamment, la réalisation de livres blancs…
La volonté de Christophe à poursuivre ces objectifs m’a tout naturellement amené à soutenir sa candidature à la présidence de l’association.
Justement, Claude Samson, quel regard portez-vous sur vos cinq mandats à la tête d’Afilog ?
Claude Samson : Je suis devenu président de l’association en 2011, après avoir pris ma retraite à la direction de Samada, filiale logistique de Monoprix. Pendant ces quinze dernières années, j’ai œuvré à l’ouverture de l’association à d’autres métiers que ceux de l’immobilier logistique : les utilisateurs, les start-ups, les prestataires logistiques, les industriels, des collectivités, etc. sont désormais aux côtés des acteurs purs de l’immobilier logistique au sein d’Afilog et participent à nos différentes commissions. Il était essentiel pour moi que tous les maillons de la chaîne puissent échanger au sein de l’association pour une meilleure représentation du secteur auprès des pouvoirs publics. Je suis également fier d’avoir permis que nos professions soient mieux connues et reconnues auprès de l’administration nationale et locale. Enfin, je suis heureux d’avoir maintenu une certaine convivialité tout au long de ces années.
Christophe Ripert : Grâce à Claude, Afilog est une association où il fait bon être. Son autorité naturelle a permis de fédérer de nombreux acteurs dans la bonne humeur. L’association est désormais une institution incontournable dans le monde professionnel et auprès des autorités publiques.
Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles pour présider une association comme Afilog ?
Claude Samson : Elles se résument en une seule : être à l’écoute ! Être à l’écoute des membres de l’association, du marché et des pouvoirs publics. Il doit comprendre les attentes des uns et des autres, puis faire la passerelle entre tous, en instaurant un dialogue permanent.
Christophe Ripert : tout à fait. Il faut savoir convaincre avant de prendre une décision qui aura un impact sur tous. Et pour convaincre, il est essentiel de comprendre ce que chacun attend, et donc d’être à l’écoute, sans perdre de vue les objectifs de l’association. Mon parcours professionnel me donne une vision particulièrement complète de la filière. J’ai en effet été en charge de l’organisation et de l’exploitation d’entrepôt chez le prestataire France Distribution Service (DFS), puis en charge des travaux de recherche et de prospective sur la logistique et le transport au sein de l’Adème, chargé de mission transport et logistique des marchandises à la Ville de Paris, ainsi qu’une expérience de huit mois à Londres au sein de Transport for London (TfL) sur ces mêmes sujets. J’ai ensuite été directeur général adjoint de la foncière logistique Sogaris. Enfin, au sein de Quartus Logistique, je pilote le développement des activités de promotion logistique et de logistique urbaine. Cette diversité d’expériences constitue sans doute l’un des fils conducteurs de mon engagement au sein d’Afilog.
Quelle est la mission principale d’Afilog ?
Claude Samson : Nous fêtons cette année les 25 ans d’Afilog. L’association s’est créée à la suite du durcissement de la réglementation sur les installations classées liée à la catastrophe AZF, en 2001. Une dizaine d’acteurs de l’immobilier logistique s’étaient alors concertés pour apporter une réponse commune et structurée aux pouvoirs publics et pour que les particularités de notre filière soient prises en compte. Afilog est ainsi devenu la représentante de la profession, la passerelle nécessaire entre les attentes de l’administration et celles des entreprises de la logistique.
Christophe Ripert : Le rôle de l’association n’a pas changé : Afilog fait en sorte que notre profession soit prise en compte dans les réglementations. Les lois se créent en fonction des évolutions sociétales et notre rôle est donc également de les anticiper pour ne pas les subir et pour construire notre croissance future. Au-delà de sa mission de représentation, Afilog a une place à prendre en tant que laboratoire d’idées de la logistique en général et de l’immobilier logistique et industriel en particulier.
À quoi ressemblera Afilog dans 25 ans ?
Christophe Ripert : Ma conviction est que les bâtiments logistiques de demain seront des plateformes hybrides : logistiques, énergétiques, numériques et porteuses d’innovation, tant dans leur conception que dans leur exploitation. Je pense que dans quelques années, Afilog sera une association européenne, tout en conservant sa singularité : rassembler les acteurs de l’immobilier logistique et industriel autour de leurs enjeux communs, valoriser leurs expertises, accompagner la transformation de leurs métiers, nourrir la réflexion prospective du secteur et assurer sa représentation auprès des institutions et des pouvoirs publics.




