La logistique du recyclage des pièces détachées automobiles, un enjeu environnemental majeur

29 mars 2026
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Chaque année, 1,2 million de véhicules hors d’usage sont recensés. Le recyclage de leurs pièces détachées représente un enjeu environnemental majeur. La loi Agec de 2020 encadre de façon stricte cette filière, impliquant une logistique précise et une traçabilité sans faille. GPA, un des acteurs majeurs du secteur en France, nous raconte.

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Le nombre de véhicules neufs mis sur le marché chaque année est d’environ 2 millions. Quand ils arrivent en fin de vie, soit parce qu’ils ont subi un accident les rendant inutilisables, soit parce que leur réparation serait économiquement déraisonnable, on les nomme VHU, pour « véhicules hors d’usage ». 1,2 million de ces VHU sont traités chaque année en France dans 1 700 centres et 60 broyeurs. Ce traitement, comprenant leur dépollution et l’extraction de pièces détachées destinées à la revente, représente un enjeu environnemental majeur. La législation française, à travers la loi AGEC de 2020 et le décret de 2022, encadre rigoureusement la gestion des VHU. Ces textes visent à promouvoir l'économie circulaire en imposant des normes strictes pour le traitement et la valorisation des véhicules en fin de vie.

Une accélération du développement

Créé en 1962, le groupe familial GPA dirige trois des centres ayant reçu l’agrément les autorisant à traiter les VHU. Le premier, où se trouve également le siège social de l’entreprise, se situe dans la Drôme, à Livron. S’étendant sur un terrain de 24 hectares, le bâtiment mesure 17 000 m². Un second, issu du rachat d’un confrère en 2024, se trouve près d’Angers. Un troisième a été construit en août 2025, à Pont-Sainte-Maxence, dans l’Oise. Ce dernier, mesurant 15 000 m², a pris place sur un terrain de 10 hectares.

Les développements de ces dernières années, avec un maillage du territoire de plus en plus dense, sont le reflet de la croissance du groupe, qui travaille aujourd’hui avec la majorité des compagnies d’assurance en France et affiche un chiffre d’affaires de 95 millions d’euros. « Avec nos 400 salariés, nous sommes la plus grande entreprise du secteur », assure Lionel Daronnat, directeur des opérations du groupe.

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Une traçabilité et une logistique irréprochables

Lorsqu’une compagnie d’assurance contacte GPA, l’entreprise a pour obligation d’enlever le véhicule dans les 24 à 48 h. L’un de ses 200 partenaires logistiques, vient alors le chercher et le stocke jusqu’à ce que l’un des 37 camions de la filiale GPA Transport vienne les chercher. « Cela nous permet de massifier et ainsi de réduire le nombre de camions sur les routes », explique Lionel Daronnat. Quand ils arrivent sur l’un des trois sites, ces camions sont déchargés pour être mis en stationnement, durant minimum 60 jours, le temps que les démarches administratives des assurances soit achevées. Tous les VHU reçoivent à leur arrivée un QR code, qui permet non seulement de les retrouver plus facilement sur le site mais aussi d’assurer leur traçabilité, et celle de toutes les pièces qui en seront issues. « À la réception sur notre site, les opérateurs prennent 27 photos du véhicule, sous tous les angles, et accessibles via le QR code qui lui a été assigné à son arrivée, détaille Julien Morichon, directeur du site opérationnel du site de GPA de l’Oise. Ces dernières permettent notamment de déterminer quelles opérations pourront être faites sur nos lignes de démontage : récupération des jantes, des ouvrants, du commodo, du groupe moteur propulseur, etc. ».

30 % des véhicules réceptionnés par GPA 60, dont la remise en état est considérée comme économiquement déraisonnable, sont parfois vendus en l’état. Les 70 % restants sont démontés pour récupérer les pièces qui pourront être revendues, via le site Internet et le centre d’appels. Pour les véhicules électriques, de plus en plus nombreux, la batterie est auparavant retirée pour être placée dans un « box » sécurisé, et le reste du véhicule est traité et recyclé comme un véhicule thermique classique.

Des sites industriels à énergie positive

Société à mission depuis 2023, avec comme raison d’être « recycler les mobilités en un futur désirable et solidaire », GPA conçoit ses centres pour atteindre le plus d’autonomie énergétique possible. Les véhicules en attente d’être démontés sont stockés sur un parking, également équipé de « cantilever » sur 5 niveaux, permettant d’en stocker jusqu’à 3 fois plus. Les toitures de ces rayonnages destinés aux produits longs et encombrants, sont recouvertes de panneaux photovoltaïques sur une surface pouvant aller jusqu’à 4 hectares en ce qui concerne le site de Livron. Elles permettent également de capter les eaux pluviales, et de les stocker dans une cuve de 80 m³. Sur le site de la Drôme, une éolienne a également été installée, branchée en autoconsommation, comme une partie des panneaux photovoltaïques.

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Donner des idées à d’autres industriels

« Ces installations nous permettent d’alimenter une partie de notre activité en électricité au-produite, et nous utilisons également les eaux pluviales pour les sanitaires, ainsi que pour le nettoyage des véhicules et de leurs pièces détachées, se réjouit Julien Morichon. Nous sommes aussi autonomes en carburant, puisque nous utilisons celui récupéré lors de la phase de dépollution des VHU pour nos chariots thermiques extérieurs ». Pour Johan Renaud, directeur du groupe GPA, au-delà de respecter la raison d’être de l’entreprise, il s’agit aussi de « donner des idées à d’autres industriels », de montrer que c’est possible.

En 2025, GPA a réceptionné et traité plus de 37 000 VHU, un volume qui devrait plus que doubler dans les années à venir. Il expédie plus de 2200 colis, certains pouvant contenir plusieurs pièces détachées chaque jour, à des professionnels (70%) et à des particuliers (30%). « La pièce d'occasion GPA cumule les vertus et est un véritable produit du développement durable, assure Johan Renaud. Écologique, sa réutilisation évite la production d'une pièce neuve, préservant ainsi les ressources naturelles et les émissions de CO2, d’autant que nous le faisons dans des conditions les plus durables possibles. Économique, elle est 50% à 90% moins chère qu'une pièce neuve chez le constructeur, et elle est garantie 2 ans. Sociale, elle est produite en France ».

 

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