La préservation de la biodiversité, sujet d’avenir pour les acteurs de l’immobilier logistique
Alors que le CIBI annonce la publication d’une nouvelle version du label BiodiverCity Construction, les acteurs de l’immobilier logistique se mobilisent au sein d’Afilog et aux côtés du CIBI avec pour objectif de renforcer l’ambition du sujet biodiversité sur leurs projets.
« Dans un contexte de réflexion autour du ZAN (Zéro Artificialisation Net) et de l’application de la séquence ERC (éviter, réduire, compenser), de plus en plus de projets logistiques s’orientent vers une labellisation BiodiverCity Construction, constate Victor Lavisse, directeur Environnement et biodiversité chez APRC, membre d’Afilog, et membre du comité technique du CIBI. Partant de ce constat, le CIBI (Conseil International Biodiversité et Immobilier) et Afilog ont décidé de créer un groupe de travail, « Projets logistiques, sites d’activités et biodiversité : quelle exemplarité des projets ? », afin de mieux accompagner la filière, de maximiser la prise en compte des enjeux de biodiversité et d’aider les acteurs à aller plus loin sur ce volet ». Ces travaux étaient également sollicités par le conseil scientifique du CIBI après études réalisées de dossiers labellisés BiodiverCity construction.
Nouvelle version du label BiodiverCity
Le label BiodiverCity Construction, porté parle CIBI depuis 2014, est un outil d'évaluation et de valorisation de la prise en compte de la biodiversité pour tous les projets immobiliers. En plus de 10 ans, 400 projets ont été labellisés, dont 41 concernaient des projets logistiques de plus de 5 000 m². « À l’origine conçu pour les constructions en milieu urbain, le référentiel a progressivement été adopté pour différentes typologies d’actifs, explique Pauline Plewa, déléguée générale du CIBI. Il nous faut donc aller plus loin sur la contextualisation, c’est à dire sur la prise en compte des caractéristiques écologiques de chaque projet, et de pondérer les différents critères d’obtention en fonction des spécificités de chacun ». La deuxième version du label, en cours de construction et qui devrait être opérationnel dans le courant de l’année 2026, ira donc dans ce sens.
Encourager les acteurs à agir en faveur de la biodiversité
Selon Pauline Plewa, « l’objectif d’un label tel que BiodiverCity est avant tout d’accompagner et d’encourager les entreprises à penser leurs projets dans une optique de préservation de la biodiversité ». Afin de mieux comprendre les particularités des sites logistiques, leurs enjeux et leurs objectifs, et de déterminer les actions à mettre en œuvre en faveur de la biodiversité, le CIBI s’est donc rapproché d’Afilog en 2025. Pendant deux ans, les deux institutions vont travailler de concert. Écologues, pédologues, experts environnementaux d’un côté, et retours d’expérience de l’autre vont chercher à définir ce qu’est un projet logistique ou un site d’activités exemplaire en matière de préservation et de reconquête du vivant.
Aller au-delà des réglementations
Ce travail vient compléter les actions déjà menées par l’association. La Charte d’engagements réciproques, signée en 2021 avec l’État pour la performance environnementale et économique de l’immobilier logistique, la publication d’un Guide du Paysage en 2025, la mise en place d’un indicateur carbone, l’engagement à installer des panneaux photovoltaïques sur les toitures des bâtiments dès que c’est possible... sont quelques exemples des démarches engagées par les adhérents d’Afilog.
Franchir un cap supplémentaire
Selon Victor Lavisse, en matière de biodiversité, les acteurs de l’immobilier logistique pourraient aller encore plus loin et porter des démarches plus ambitieuses qu’actuellement. « La compensation reste encore trop souvent choisie plutôt que d’éviter et réduire, regrette-t-il. Il existe encore des marges de progression sur différents sujets pouvant soutenir la biodiversité : la végétalisation des bâtis n’est par exemple pas encore assez étudiée. La gestion des sols n’est que rarement prise en compte dans les projets en France (alors qu’en Suisse, les sols bénéficient d’une reconnaissance réglementaire et technique plus forte, avec un suivi des projets dans la durée par un pédologue généralement exigé à partir d’une emprise de d’environ 5000m2). Les parkings VL sont souvent surdimensionnés et imperméabilisés associés à des bâtiments majoritairement mono niveau... ». Ce constat n’est pas nécessairement la conséquence d’une résistance des porteurs de projet. « Il y a des questions sur le cadre réglementaire, les conditions techniques, économiques et des pratiques du secteur historiquement ancrées… Le travail mené conjointement avec le CIBI et ses experts devrait permettre de trouver les solutions les plus adaptées aux sites logistiques ».
Quelle transmission ?
Outre le questionnement sur ce qu’on attend de ces sites en matière de biodiversité, Pauline Plewa interroge également la transmission de ce qui aura pu être fait lors des phases de conception et de construction. « La deuxième version du label BiodiverCity prendra plus en compte cet aspect d’anticipation de l’exploitation », annonce-t-elle, rappelant que les acteurs intéressés pourront se rapprocher du CIBI s’ils souhaitent participer à la phase pilote, qui permettra d’affiner la future version.




