Trusk veut réconcilier la livraison rapide et l’impact écologique
Créée en 2016, cette entreprise permet aux retailers et e-commerçants de proposer la livraison de tout colis lourds à leurs clients en un temps record. Également conscient de l’impact de son activité sur l’environnement, Trusk a très tôt investi dans l’électrification de ses véhicules et l’optimisation des flux, au départ des magasins partenaires ou de ses entrepôts.
Être livré en une heure ou sur rendez-vous ? Sans avoir à prendre un jour de congé ? Même un canapé ou une machine à laver ? En limitant le plus possible son empreinte carbone ? Trusk, spécialiste de la livraison du dernier kilomètre pour les colis volumineux, a été créé en 2016 pour répondre à ces problématiques. À l’origine, cette entreprise promettait des déménagements à prix abordable aux particuliers. « Un jour, nous avons assuré ce service pour une personne qui se trouvait être également la directrice de l’innovation de Leroy Merlin…, raconte Sarah Gimenez, directrice générale de Trusk. Satisfaite de la prestation, elle a proposé de mettre en place cette offre pour ses clients. Après un test dans le magasin de Montigny-sur-Orge, Trusk, tel qu’on le connaît aujourd’hui, était lancé ». Dix ans plus tard, et après plusieurs levées de fonds, ce commissionnaire de transport assure plus d’un million de livraisons, pour le compte de grandes enseignes du bricolage, du mobilier, de l’électroménager et de la construction.
Deux types de flux
Parmi ce million de livraisons, 30 % sont dus au retail « classique » et 70 % au e-commerce. Pour cela, deux types de flux sont donc mis en œuvre : soit la marchandise est collectée en magasin pour être directement livrée chez le client, soit elle est livrée par l’enseigne dans un des trois entrepôts de Trusk. Dans ce dernier cas, une consolidation des commandes est effectuée, ainsi que leur ordonnancement après une prise de rendez-vous avec le client. Les tournées sont ensuite organisées grâce à un WMS et un TMS développés en interne. « Nous avons pris à bail nos deux premiers entrepôts en 2020, quand les demandes e-commerce sont devenues plus importantes que celles en départ magasin », explique la directrice générale. Trusk a investi un troisième entrepôt en région PACA en 2022. « L’objectif est en effet de progressivement couvrir tout le territoire, confirme Sarah Gimenez. Il en faudrait une dizaine d’autres, avec sans doute un hub central, mais nous avançons de façon pragmatique ». Trusk annonce enregistrer une croissance de 15 % chaque année.
Optimisation des tournées
Ce développement est en grande partie dû à l’organisation des différents flux. Optimisation des tournées de collecte et de livraison, quel que soit la localisation de la marchandise à livrer, avec le meilleur taux de remplissage possible, mais aussi gestion des retours pour éviter le transport à vide vers les magasins ou vers des ressourceries, contribuent par ailleurs à limiter l’impact carbone de l’activité de transport. « Soyons honnêtes : nous sommes des pollueurs », déclarait Thomas Effantin, président et co-fondateur, lors d’une conférence sur le Sibca (Salon de l’immobilier bas carbone) en septembre dernier. Pour cette raison, dès la création de l’entreprise et les premiers contrats avec des clients engagés, Trusk a investi dans l’électrification de sa flotte de véhicules.
Limiter l’empreinte carbone de la livraison rapide
« À l’époque, l’utilisation de véhicules électriques pour les livraisons était encore rare, notamment du fait de leur coût et de leur autonomie limitée. Cela n’incitait pas les transporteurs à investir, explique Sarah Gimenez. Pour être certains que nos livraisons se feraient avec des camions « propres », nous avons créé une filiale en 2020, pour acquérir des véhicules électriques que nous pouvions proposer à la location longue durée à nos prestataires ». Le marché s’est entre temps développé, avec une autonomie pouvant aller jusqu’à 350 kilomètres et à des prix plus accessibles qu’il y a 10 ans. « Nos transporteurs reprennent de plus en plus la main et louent moins auprès de cette filiale, même si elle existe toujours », constate la directrice générale. Aujourd’hui, 50 % des livraisons opérées par Trusk se font en électrique et 100 % pour l’Île-de-France. « Nous électrifions dès que c’est possible, mais il y a un équilibre économique à trouver et des clients qui veulent bien porter cet investissement avec nous ».
Trouver l’immobilier adapté à l’activité et aux ambitions RSE de l’entreprise
Trouver des entrepôts allant dans le sens de ces préoccupations environnementales fait également partie des préoccupations de la direction. « Mais nous avons aussi des contraintes opérationnelles. Nous devons avant tout choisir ces lieux en fonction de leur emplacement géographique et de leur configuration, rappelle Sarah Gimenez. Ils doivent être proches des villes et disposer de beaucoup de quais car nous pouvons avoir à organiser plus de 50 départs de camions en deux heures ».




