De nouveaux outils pour identifier le foncier logistique

3 sept. 2026
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Dans le cadre du programme InTerLUD+, co-porté par Logistic Low Carbon et le Cerema, il a été annoncé en 2025 le lancement d’un projet « prise en compte du foncier logistique », qui sera déployé à l’ensemble des EPCI (établissements public de coopération intercommunale) avant la fin de l’année. L’objectif est d’accompagner les collectivités pour une meilleure anticipation du besoin de foncier pour les acteurs de la logistique, et d’aider les acteurs de la logistique à trouver les bons services pour adresser leurs questions en la matière. Entretien avec Hélène De Solere, directrice de programmes logistique au Cerema, et codirectrice du programme InTerLUD+.

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Référent public en aménagement, le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement), créé en 2014, accompagne l’État, les collectivités et les entreprises pour adapter les territoires au défi climatique. Quand et comment le sujet du transport de marchandises a été pris en compte dans les missions du Cerema ?

Hélène de Solère : Dès la création du Cerema ce sujet a été pris en considération. En effet, peu de collectivités disposaient d’une politique publique permettant d’accompagner les acteurs de la logistique urbaine de leur territoire. Les collectivités disposent de leviers d’actions réglementaires, de planification, d’aménagement du territoire, du développement économiques ayant des impacts sur l’organisation du transport des marchandises de leur territoire et ont un rôle à jouer en faveur d’une logistique plus durable d’un point de vue environnemental, économique et sociétal…

Via l’élaboration de guides méthodologiques, d’animation de réseau de techniciens pour faciliter les échanges de bonnes pratiques, le Cerema s’est impliqué dans l’accompagnement des territoires. Pour autant, la logistique urbaine, en 2020 était encore peu présente dans les politiques publiques locales.

Par quoi cela s’est traduit ?

Hélène de Solère : En 2020, le Cerema et Logistic Low Carbon ont répondu à un appel à programme du dispositif des CEE (certificats d’Économie d’Énergie) porté par le ministère de l’énergie afin de mettre à disposition un accompagnement concret, financier et humain, aux territoires pour développer en concertation avec les acteurs économiques, des chartes de logistique urbaine durables et des actions concrètes permettant de répondre aux enjeux de chaque territoire et chaque filière économique. Le programme InTerLUD a ensuite été suivi du programme InTerLUD+ qui en plus de cet accompagnement des chartes locales concertées a pour objectif de développer des méthodologies et des outils pour répondre aux enjeux portés par les territoires accompagnés.

Cet été commence la phase de test du projet innovant « foncier logistique ». Pourquoi ce projet ?

Hélène de Solère : Le premier volet d’InTerLUD consiste à accompagner les territoires dans leur engagement en faveur d’une logistique urbaine durable, prenant en compte les enjeux environnementaux, sociétaux et économiques. A ce jour, 62 territoires sont accompagnés dans des chartes pour 164 actions engagées. Le 2e volet, , sous le nom « Accélérer les transitions » a l’objectif de répondre aux angles morts et de développer des sujets innovants. Parmi ces sujets : la logistique des biodéchets, la numérisation de la logistique urbaine, et également la question du foncier. Les activités liées au transport et à la distribution de marchandises nécessitent des espaces adaptés, souvent difficiles à intégrer dans des environnements urbains déjà contraints. L’ensemble des acteurs économiques de la logistique urbaine durable expriment des difficultés en lien avec la rareté de foncier logistique dans les territoires : que ce soit pour des aménagements d’aires de livraison, d’extensions d’entrepôts ou de nouveaux espaces logistiques.

Plusieurs collectivités ont pris en compte ces questions du foncier logistique dans les documents de planification : SRADDET, DAACL des SCOT, PLU mais cet enjeu reste encore trop rarement anticipé dans les documents d’urbanisme ainsi que dans les projets d’aménagement.

En septembre 2025 la publication du rapport d’étude Identification et caractérisation du foncier et de l’immobilier logistiques - Retour d’expériences et préconisations, par Nicolas Jouve s’inscrit dans les actions menées par la Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM) pour aider les collectivités à mieux connaître les espaces logistiques de leur territoire. Il vient compléter l’Atlas des entrepôts et des aires logistiques publié en 2024 par le Service des données et études statistiques (SDES) élaboré avec les membres d’Afilog. Il repose sur une analyse bibliographique et des entretiens avec des experts, des collectivités et des institutions et recense les méthodes existantes pour identifier ces espaces logistiques et propose des pistes d’amélioration afin d’optimiser les outils utilisés par les territoires.

 

Quelles en sont les différentes étapes

Hélène de Solère : Le projet se déploie en effet en plusieurs étapes. En septembre 2025, huit territoires ont été sélectionnés pour être accompagnés (Eurométropole de Strasbourg, Ville de Paris, Toulouse Métropole, Métropole du Grand Paris, Ville de Lille, CA Val d'Yerres Val de Seine, Brest métropole, Bordeaux Métropole ). À l’automne et début 2026, nous avons compilé leurs besoins et travaillé à la préfiguration de la plateforme qui accueillera les différents livrables du projet. En juillet2026, nous avons lancé un appel d’offres et à son issu, nous sélectionnerons le prestataire chargé de développer la plateforme.. Au quatrième trimestre, il y aura une phase de tests, avec validation des outils. A l’issue de cette phase, la plateforme sera déployée auprès de l’ensemble des EPCI (établissements publics de coopération intercommunale).

Ces outils permettront d’éviter des situations où une collectivité propose du foncier pour des activités logistiques mais ne trouve pas de preneur, par un mauvais adressage à ceux qui pourraient être intéressés, ou parce que le nombre de mètres carrés est insuffisant ou encore parce que la temporalité n’est pas la même : une solution qui arriverait avant l’expression du besoin est plus difficile à adopter. Même chose quand elle arrive trop tard... De plus, parfois, les professionnels ne savent pas à qui s’adresser. Ces nouveaux outils leur permettront de trouver les bons services et les collectivités à leur répondre de façon pertinente.

Un volet accompagnement sera également proposé de manière à permettre aux collectivités d’intégrer l’ensemble de ces besoins dans les documents de planification urbaine (PLU, DAACL des SCOT, SRADDET). Le projet propose une démarche structurée visant à intégrer la logistique dès les premières phases de planification territoriale et de conception des projets d’aménagement.

Quels seront les effets concrets, pour les collectivités comme pour les acteurs de la logistique ?

Hélène de Solère : La plateforme numérique développée met à disposition plusieurs outils d’aide à la décision pour les territoires et une application web simule les flux de marchandises associés à un projet d’aménagement urbain, afin de faciliter la prise en compte des besoins en foncier et immobilier logistiques dans ce projet (consignes, entrepôts de proximité, aménagement d’aires de livraison, etc.). Un outil d’analyse d’opportunité foncière destiné à évaluer la pertinence de créer ou de mobiliser de nouveaux espaces logistiques est également proposé.

Elle sera également accompagnée de ressources méthodologiques permettant aux collectivités de mieux connaître leur tissu logistique local. Un mode d’emploi est proposé pour recenser et caractériser les entrepôts existants et faciliter leur traitement dans les systèmes d’information géographique (SIG). En complément, une valise pédagogique est mise à disposition des décideurs publics, afin de faciliter le travail transversal entre services internes des collectivités et leurs partenaires (services d’aménagement, développement économique, agences d’urbanisme, établissements publics fonciers, etc.), et de favoriser une mise à disposition efficace et durable d’espaces logistiques pour les acteurs économiques.

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