À quand un effet « Scully » en logistique ?

23 sept. 2026
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Documenté dans les années 1990 par le Gena Davis Institute, l’effet « Scully » démontre l’impact positif du personnage de Dana Scully de la série X-Files sur l’orientation des femmes vers les carrières scientifiques. La logistique est un autre de ces univers à souffrir du manque de femmes. En attendant qu’une série télévisée s’écrive autour d’une femme de la logistique, la filière se mobilise pour plus de mixité.

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Il s’agit sans doute des agents du FBI les plus connus au monde. Dans les années 1990, Mulder et Scully réunissaient à chaque épisode entre 10 et 20 millions de spectateurs rien qu’aux États-Unis. Si le thème central portait sur des phénomènes surnaturels et extraterrestres, la série a eu un effet secondaire inattendu : incarnée par Gillian Andersen, l’agent Dana Scully, médecin, scientifique rigoureuse et rationnelle, a inspiré de nombreuses femmes qui se sont par la suite orientées vers des filières STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques). Cette répercussion , nommée « effet Scully », a été documenté par le Gena Davis Institute. Selon son étude parue en 1993, en partenariat avec la Fox, les femmes ayant regardé la série ont 50 % de probabilité en plus de s'orienter vers les filières STIM et deux tiers des femmes travaillant dans ces domaines scientifiques ont déclaré que le personnage de Scully leur avait servi de modèle d'émancipation et de réussite.

Les « XX Files » de la logistique

Comme encore un certain nombre de disciplines, la logistique peine à attirer les talents féminins. Et nous n’avons pas encore eu vent d’une nouvelle série télévisée où l’un des acteurs principaux serait une femme dans la logistique… En 2013, une étude de la Commission européenne concluait que si les femmes étaient autant présentes que les hommes dans le secteur du numérique, le PIB européen augmenterait d'environ 9 milliards d'euros par an. En logistique, peu d’études de ce genre sont disponibles. Elles offriraient pourtant un éclairage intéressant sur ce qu’apporterait une plus grande part d’individus comptant un double chromosome X…

Quelques chiffres toutefois

La huitième enquête annuelle de Gartner sur la place des femmes dans la Supply Chain révèle ainsi que les femmes représentaient 41 % des effectifs de la chaîne d'approvisionnement en 2023, contre 39 % en 2022. Toutefois, la représentation féminine reste à la traîne sur le terrain, où les femmes n'occupent que 31 % des postes opérationnels de première ligne.« Il est particulièrement encourageant de constater la progression des femmes aux postes de haute direction ; en effet, nous savons que lorsqu'une femme occupe le poste le plus élevé au sein de la supply chain, cela est positivement corrélé à une présence accrue de femmes aux postes de direction ainsi qu'à tous les niveaux de l'organisation », commente Caroline Chumakov, directrice et analyste au sein de la division Supply Chain de Gartner. Mais « bien que les signaux montrent une évolution positive, nous manquons de data et avant 2018, elles sont quasi inexistantes », rappelle France Supply Chain.

Charte et groupe de travail

Ce manque de statistiques n’empêche pas la profession et les différentes associations qui la représentent d’agir pour une plus grande parité. Des chartes sont signées et des groupes de travail se forment. Ainsi, chez Afilog, après la co-signature d’une charte avec le Ministère en charge de l’Egalité entre les Femmes et les Hommes et de la Lutte contre les discriminations, le groupe de travail Woment4Warehouse, piloté par Anne Vibert d’Invesco et Séverine Simon de Quartus Logistique, mène différentes actions depuis 2023, pour révéler les opportunités qui s’offrent aux femmes dans les métiers de l’immobilier logistique et industriel mais aussi de sensibiliser aux difficultés rencontrées. Toutes les pistes sont explorées pour mettre en lumière les problématiques et les solutions à mettre en place. « Nous devons être plus visibles !, déclare Anne Vibert. Dans les mois qui viennent, nous allons multiplier les actions dans ce sens. En plus d’un site Internet dédié, nous allons par exemple participer activement à des challenges sportifs et caritatifs organisés lors des salons professionnels (MIPIM, SIMI, SITL), organiser des keynotes, des petits déjeuners professionnels, de rencontres avec des étudiants sur leur campus, des conférences-débats... ». 

Penser à demain et attirer les « talents »

Une plus grande parité n’est en effet pas qu’un objectif sociétal et philanthropique : la logistique a besoin de recruter (l’éditeur spécialisé Acteos évaluait en 2022 à 22 000 le nombre de postes vacants dans le secteur) et la mixité est un moteur important pour motiver les jeunes générations à postuler. L’association France Supply Chain va dans ce sens avec son Lab Jeunes qui entend changer l’image des métiers de la filière auprès des jeunes générations. « L’objectif est que les jeunes arrivent à la Supply Chain par choix et non plus par hasard, et qui plus est les femmes », peut-on lire sur le site internet de l’association, qui a également choisi de mettre en avant des rôles modèles grâce à une série de Webinars nommé « Femmes inspirantes » et qui donne la parole à des Directrices des opérations, Directrice Générale, membre du COMEX, etc.  « La question de la visibilité est centrale et il est indispensable de développer les indicateurs en entreprises et avec la recherche ». On peut voir dans cette initiative la volonté de créer, sans le nommer, un « effet Scully » dans la logistique...

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